La guerre d’Algérie (1954-1962) avait opposé des tribus algériennes traditionnelles à
Les œuvres des manipulateurs rusés ne peuvent être qu’à leur image, manipulées. Dans le conflit franco-algérien, il n’existe par d’archives utiles ni de documents exploitables par des historiens. Consulter une telle prose pour écrire l’histoire reviendrait à déverser de l’eau dans des moulins à mensonges. Aussi, la plus part des historiens de la guerre d’Algérie n’ont fait aucun mystère de leur parti pris. D’autres, notamment des algériens, peut-être pensent-ils que leur peuple n’est pas encore mature pour connaître son histoire, feignent la candeur, jouent les flatteurs à outrance pour gagner les grâces de leurs seigneurs tyranniques, sauvegarder leur misérable pitance. Dans une guerre psychologique, la victoire revient toujours à celui qui a les moyens et qui maîtrise l’art d’infiltrer, d’instrumentaliser et de manipuler les rangs de son adversaire. Un bon manipulateur doit faire croire à ses victimes manipulées qu’elles sont infaillibles, géniales. Imaginons une star du cinéma des années cinquante, par exemple, qui, tout comme Robinson Crusoé, échouerait dans une île déserte, coupée du monde. Elle n’a qu’un seul miroir truqué qui, à 80 ans révolus, lui revoie l’image des ses 20 ans, de l’époque sa splendeur. Se fâcherait-elle contre son précieux et flatteur compagnon ?
D’abord il nous paraît indispensable de rétablir certains faits historiques simples, accessibles pour tous mais longtemps occultée par des fossoyeurs de l’histoire d’Algérie. Des slogans tels que : « Le peuple algérien a répondu comme un seul homme à l’appel du 1er novembre 1954 », « Le pays (Algérie) de un millions cinq cent mille martyrs », « La révolution par le peuple et pour le peuple », « Le seul héros c’est le peuple », etc., relèvent de l’enfantillage, d’une contrevérité scandaleuse et provocatrice. Le peuple algérien d’aujourd’hui, écrasé par le joug du colon brun n’est ni plus libre ni moins déshonoré qu’autrefois, sous le règne du colon blanc. Selon plusieurs sources difficilement réfutables, jusqu’au 18 mars 1962, soit un jour avant la fin de la guerre d’Algérie, au moins 260.000 algériens, autochtones, collaboraient : de bon cœur, ouvertement et très étroitement avec l’armée et l’administration coloniales blanches. A la même date, à l’intérieur du pays, selon ces mêmes sources incontestables, à peine 5000 nationalistes, à moitié nus, affamés, avec des moyens insignifiants, fuaient l’ennemi plus qu’ils ne cherchaient à guerroyer contre lui. N’est-il pas vrai qu’à l’heure de la : « Zerda » (des agapes) les convives se multiplient ?
Aujourd’hui, nous allons consacrer notre texte aux incohérences liées à l’affaire de Mr. X, à l’un des héros de la révolution algérienne. Pourquoi lui ? Parce qu’il est le parfait représentant du néocolonialisme ou du colonialisme brun. Comme beaucoup de se semblables, il est issu d’une familles parfaitement intégrées à l’ordre colonial. Originaire de Djelfa, le très honorable père de Mr. X, probablement ancien soldat colonial, en 1956, il était Bachagha (le plus haut degré de la collaboration pour un indigène). Destinés au métier des armes, à la même époque, au moins deux de ses fils étaient engagés dans les rangs des forces coloniales. L’un était capitaine et si Ahmed, notre héro, lieutenant.
Nous allons, au travers de cet illustre personnage, essayer de démontrer comment, pendant la guerre d’Algérie, les machiavéliques services coloniaux fabriquaient, clef en main, des héros avant de les infiltrer dans les rangs des nationalistes algériens, dans les maquis internes et dans les camps des conspirateurs campés en Tunisie et au Maroc où, très vite, ils grimpaient, d’un seul pas, jusqu’au sommet de la hiérarchie politique et militaire nationalistes. Selon une légende cousue main par des experts en matière de manipulation et d’intox, Mr. X avait déserté les rangs de l’armée coloniale après avoir : « Fait égorger 3 soldats européens et 12 tirailleurs (autochtones) qui refusaient de déserter avec lui ». (Henri le Mire, l’Histoire militaire de la guerre d’Algérie, Albin Michel, page 307, 1988).
Pour égorger 15 soldats armés, il faudrait que notre héros ait, au moins, une bonne dizaine de vaillants complices avec lui. A notre connaissance, parmi les ouvrages estampillés historiques, consacrés aux évènements d’Algérie, publiés à ce jour, pas un seul n’indique : la date et lieu exacts de la tuerie ni le nom d’un seul complice. Mr. X, lui-même, dans ses écrits, n’a pas jugé utile de reprendre à son compte les principales légendes que les services coloniaux lui ont généreusement et maladroitement attribuées.
Pendant la guerre d’Algérie, l’une des techniques employées par les services coloniaux pour hausser le prestige d’un félon, avant de le faire déserter aux fins de l’infiltrer dans les rangs des nationalistes, pour y former une 5éme colonne, consistait à lui attribuer ou à l’aider à commettre de hauts faits d’armes imaginaires. Par suite, le pseudo héros est déclaré, par ses manipulateurs, comme ayant déserté après son forfait. Des moyens colossaux : aériens, terrestres, bruyants et spectaculaires, sont mis en œuvre pour faire semblant de l’intercepter. A grand renfort de publicité, le déserteur est condamné à mort par contumace. C’est précisément le cas de Mr. X
Précédé par sa réputation de foudre de guerre et de condamné à mort, Mr. X sera accueilli, dans les bivouacs à patins, en tunisiens, comme un suprême héros. Il sera immédiatement nommé membre du Conseil de la révolution, fonction politique et de l’état major de l’ALN, fonction militaire. D’une intelligence plutôt médiocre, ses manipulateurs ont fait de lui un génie à facettes multiples.
Très vite, il deviendra l’un des hommes liges de Boumediene, un autre félon, qui le nommera procureur des conspirateurs, chargé des hautes œuvres et des basses besognes, liquider physiquement tout nationaliste qui pouvait constituer un obstacle sur la voie de la marche effrénée de Boumediene vers le pouvoir absolu. Je dis, encore une fois, que le couple Boumediene et Mr. X ont lâchement assassiné plus de valeureux nationalistes algériens que 24 généraux coloniaux de la trempe de : Salan, Challe, Massu, Aussaresses, etc. Tous deux, ont passé par les armes, en Tunisie : les colonels Amouri, Ouachria, Nouaoura, le capitaine Mustapha Lakhale. Au Maroc : les capitaines : Zoubir, Yamani, Arbaoui, et des milliers de leurs compagnons ont été lâchement assassinés par Boumediene. Et des dizaines de milliers d’autres ont été contraints de traverser les frontières de l’est et de l’ouest, alors qu’ils n’avaient aucune chance de salut. Pourquoi Boumediene et ses félons de DAF, n’ont-ils pas, ne serait-ce que tenter, une seule et unique fois, d’approcher leurs orteils de l’une de ces deux mortelles frontières ? Aussi, ont-ils liquidé, de sang froid, suite à une imposture de procès, le colonel Mohamed Cha’bani. Quel est le général colonial qui pourrait se vanter d’avoir trucidé autant de vaillants combattants algériens ?
Vers 1958, indirectement, le MALG, (indigne grand-mère de la sécurité militaire), une mafia politique et la terreur du peuple algérien, s’était approché de Grundig, une multinationale ouest allemande pour lui commander une centaine de postes émetteurs/récepteurs ANGRC9. Qui serait naïf au point de croire, qu’au sortir du second conflit mondial, alors que l’ex. 3éme Reich ou la nouvelle RDA, qui s’échinait à tourner la page de son dramatique passé récent, permettrait à l’une de ses multinationales de traficoter avec une : « organisation terroristes ? » Par ailleurs, une multinationale bien gérée, négligerait-elle ses colossaux intérêts avec
Dans cette affaire, informées par la multinationale de la demande des algériens, les autorités d’outre Rhin ont informé leurs homologues français. Ceux-ci autorisent le deal. En fait, les ANGRC9 destinés aux algériens étaient spécialement conçus de manière à indiquer, dans le temps et dans l’espace, la position de leurs porteurs et les messages reçus ou transmis par ces engins de la mort sont immédiatement interceptés et instantanément décodés par les services coloniaux.
Un général de l’état major colonial a écrit : « …Ces postes constituaient, pour nous (l’état major) l’une des principale sources d’informations, fraîches et fiables, sur l’état militaire et moral de l’adversaire… ».
Aussi, en 1961, Boumediene et ses sbires, assoiffés de sang et de pouvoir absolu, ont livré le colonel Lotfi, leur bête noire, lesté d’un de ces ANGRC9 mouchard aux légionnaires du colonels Jaquin, le patron du BEL (bureau d’études et de liaisons). L’un de nos prochains textes sera consacré à l’affaire du colonel Lotfi.
En fin 1958 ou début 1960, Mr. X est renvoyé en Algérie, par Boumediene, pour prendre la direction de la wilaya 4 et pour lui préparer le terrain en vue d’une confiscation pure et simple du : pourvoir absolu, des villas, des fonds de commerces, des domaines agricoles coloniaux, une fois que la puissance coloniale blanche aura retiré ses billes d’Algérie. Nous avons déjà dit que la wilaya 4 était passée sous le contrôle des services coloniaux dès 1958. Encore une fois, ces mêmes services vont tricoter une légende sur mesure pour le revenant. Selon eux, pour revenir en Algérie, lors de la traversée de l’hermétique et de l’infranchissable frontière tuniso-algérienne, notamment ses larges et hautes haies de fils de fer barbelés sous haute tension électrique, surmontés de miradors serrés, équipés de projecteurs à longues portées hérissés d’automitrailleuses, Mr. X se serait battu avec acharnement au point d’y laisser tous ses compagnons sur le champs d’honneur. Il serait le seul à s’en sortir sans aucune égratignure. Donc, solitaire, il traverse la moitié de l’Algérie pour s’emparer, sans coup férir, de la direction de la wilaya du centre. Hercule pouvait-il en faire autant ?
En août 1960, dans la région de Médéa, Mr. X, la foudre de guerre, le condamné à mort par contumace, est arrêté par les forces coloniales du général Leguay qui s’apprêtait à le fusiller. Voici un ordre, en provenance de Paris, plus précisément du ministère de la défense, exigeant le transfère immédiat, à bord d’un avion spécial, de l’illustre prisonnier vers Paris. Libéré en 1962, il deviendra, dans une Algérie quasi parfaitement néocolonialiste, pendant 14 ans années, commandant de la gendarmerie nationale et membre du conseil de la révolution.
Personnellement, suite à 40 ans de recherches sans interruption sur les « évènements d’Algérie », je considère le nationalisme de Boumediene et de Mr. X, entres autres, comme étant hautement suspects. Souvenons-nous, qu’en 1954, Mohamed Boukharouba, alias Houari Boumediene, était déjà, en Egypte, la bête noire de la délégation extérieure du MTLD/FLN. Il avait été embarqué, en février 1955, au port d’Alexandrie, dans un bateau affrété par les services français, les deux membres d’équipage du Dinah : Ibrahim al Nial et Milan Bachiche étaient notoirement connus pour être des agents des services israélo anglo-français. Boumediene servira de point de ralliement aux pseudo déserteurs de l’armée coloniale. Il a fait la guerre non pas contre le colonialisme mais contre tout individu susceptible de lui disputer le pouvoir une fois la guerre terminée.
Contrairement à la légende des services français selon laquelle Mr. X aurait franchi, avec une bravoure supra herculéenne, la frontière tuniso-algérienne, traversée la moitié de l’Algérie, pour s’emparer de la direction de la wilaya 4. Mr. Krim Belkacem, repris par le colonel Jaquin, affirme que pour se rendre de Tunis à Médéa, Mr.X était passé par Paris. Selon tout vraisemblance, il avait voyage sous une très haute protection des services coloniaux.
En 1989, l’ancien commandant de la gendarmerie nationale et ancien membre du conseil de la révolution, sous Boumediene, avait accordé une interview à
Depuis, il a écrit et publié mais il a omis de rappeler ses hauts faits d’arme : l’égorgement de 15 de ses compagnons, sa traversée héroïque de la frontière tuniso-algérienne, sa rocambolesque arrestation en 1960, les félons décorés dans les maquis, par l’ennemi. L’a-t-on convaincu qu’il était l’un des principaux bénéficiaires des ces promotions?
Désormais, il faut juger les dirigeants algériens, non pas sur leurs discours apologétiques mais sur leurs actes mafieux et criminels à l’égard de leur peuple. Par ailleurs, certains pseudo anciens moudjahidin et putatifs enfants de chouhadas, se comportent, souvent, de manière diamétralement opposé au serment de nos valeureux martyrs. Ils sont vus par les 90% d’algériens qui sont nés après la guerre de libération, ou qu’entre 1954 et 1962, ils n’avaient pas l’âge de prendre les armes contre le colonialisme, comme étant des privilégiés, des profiteurs, des supplétifs d’un pouvoir globalement malfaisant. A l’heure où des jeunes algériens : méprisé, réprimés, frustrés, dégoûtés…, par l’arrogance de leur administration corrompue jusqu’à la moelle des os, profanent, dans toutes les régions d’Algérie, des cimetières dédiés à nos martyrs, à l’une des plus hautes valeurs symboliques de notre histoire, ne seraient-ils pas bien inspirés de mettre leur drapeau en berne pour se faire oublier ?