Présentation

nour.h

Pseudo: nour.hCatégorie: ActualitéRecommander ce blog
Vendredi 20 Juin 2008

Pour la majorité des algériens et des français des classes moyennes et inférieures, tout berbère est un kabyle. Voilà de grands spécialistes, pluridisciplinaire, tomber dans la même grossière erreur. En effet,  le 02.06.2008, l’émission ARTE : « C’est dans l’air », animée, de mains de maître, par Yves Calvi, Monsieur Jean-François Colisimo, professeur de théologie, présentait saint Augustin comme étant kabyle. Dans la même émission, un kabyle, dont je n’ai pas  retenu son nom, confortablement installé devant son bel ordinateur, déclarer  Tertullien, un carthaginois, comme étant également kabyle. Ni l’animateur ni aucun participant à l’excellente émission n’avait jugé utile de corriger le double lapsus. Il est vrai que l’émission : « La mariée n’était pas vierge » était consacrée à l’annulation d’un mariage pour défaut de virginité.

En Algérie, il existe, au moins, sept régions berbérophones : le Chaouïa, à l’Est (Aurès), le Kabyle, le Chenoui, (Nord), le Mzab et le Targui (hommes bleus) au Sud. Il existe aussi des poches berbérophones dans la région de Tlemcen et de l’Ouarsenis, Sidi Bel Abbés, Bechar, à l’Ouest d’Algérie.

L’éminent Professeur Jean François Colosimo doit savoir qu’à l’époque de : Micipsa, de d’Adherbal, de Yugurtha, de Tertullien,  de saint Cyprien, de  saint Augustin, l’un des pères de l’Eglises, évêque d’Hippone, à notre modeste connaissance, il n’existait aucune région d’Algérie qui portait le nom de Kabylie. Et, puis les illustres personnages cités plus hauts, et beaucoup d’autres, n’étaient  pas natifs de la Kabylie.

Tentative de définition des mots : berbère et kabyle. A notre humble connaissance,  à ce jour, il n’existe aucun ouvrage de référence pouvant mettre fin à une polémique pluriséculaire. Si la  définition gréco-romaine du mot barbare signifie rebelle à l’ordre établi, résistant aux envahisseurs, cette définition ne saurait être applicable aux berbères d’Algérie qui sont sinon soumis, du moins pas assez rebelle, à nos yeux. Comme dirait le penseur libanais, Djoubran Khalil Djoubran, dans son ouvrage, les âmes révoltées : « …malheur à la nation qui passe son temps à aller recueillir ses nouveaux envahisseurs à coup de tambour et de trompette et à poursuivre les anciens à coup de sifflets et d’injures… ». Je trouve cette allégorie parfaitement applicable aux berbères d’Algérie. Les pensées de l’auteur libanais, connu sous le nom de « Prophète » du premier tiers du 20 siècle, fort  percutantes. Il avait aussi maudit les intellectuels arabes de son époque qui, selon lui, n’élevaient leur voix que dans des cortèges funèbres et ne se révoltaient que lorsqu’ils ont la tête entre le glaive et le billot.

Définition des berbères par Ibn Khaldoun (auteur du 14éme siècle). Pour lui, les berbères tirent leur nom du verbe arabe : « berbera », qui signifie blatérer (cri de chameau), langage incompréhensible à un arabe. Peut-être que cette définition est injurieuse ou fantaisiste, mais elle existe.

Signification du mot kabyle. Il semble plus  clair mais il faut se méfier des apparences qui sont souvent trompeuses. D’abord, il faut rappeler que les berbères ont des origines ethniques et languistiques diverses et variées. Leurs aspects physiologiques sont fort différents. Les kabyles et les habitants du mont Dahra sont parfois blonds aux yeux bleus. Le Chaouïa  semblent avoir des traits mongols. Les : « hommes bleus » sont plutôt nègres. La langue berbère du Dahra est plus proche des lointains rifains marocains et des chouïas des Aurès  que de ses voisins géographiques kabyles.

Le kabyle, probablement,  tire son nom d’un mot arabe : « Bilad al Qaba’ili » qui signifie le pays des tribus. A noter qu’au 8éme siècle, c’est encore valable aujourd’hui, les sociétés arabo-musulemanes, ne sont pas moins livrées à l’esprit des ‘assabiates (de clocher). Monsieur Ferhat Abbas, homme politique algérien, avait déclaré, en 1962 : « Mon peuple a l’esprit tribal ». Pourquoi n’appelle-t-on pas une région du Yémen, par exemple, Bilad al Kabylie ? Peut-être que les concurrents arabes du 8éme siècle avaient-ils découverts chez les kabyles d’Algérie, bien protégés par leurs sublimes montagnes, un esprit de clocher, des ‘assabiates (esprit clanique), plus développé et plus résistant qu’ailleurs ? Aussi, le mot arabe Qabala, signifie accepter, se soumettre. Aussi existe-t-il une légende populaire algérienne selon laquelle les kabyles se nomment kabyles parce qu’ils ont été contraint par les concurrents musulmans à embrasser l’Islam.  

En Algérie, l’enregistrement des indigènes à l’état civil date  de la fin du 19éme voire même de la première moitié du 20éme siècle. Il existe encore beaucoup d’Algériens qui ont été enregistrés sous : « SNP » (sans nom patronymique) et qui portent des noms ridicules du genre : Bouguetta, Boumaza, Boubeghla, Bouchagour, Boudhra’, Boukra’, La’mech, qui signifient, respectivement : l’homme à la chatte, l’homme à la chèvre, l’homme à la mule, l’homme à la hache, le manchot, l’unijambiste, le chassieux. Certains natifs des années 30-40, 50, leurs extraits d’actes de naissance les faits présumer nés en 1930. J’ai sous les yeux un document intitulé : « chadjara) (arbre généalogique) qui rattache ma modeste tribu berbère des monts Dahra, d’Algérie, d’Afrique,  à celle du prophète Mohamed  (SAS), du Hidjaz, d’Asie. Les mrabet algériens ont dévoyé le mot mourabitoun de son origine qu’ils ont probablement jugé  pas assez glorieux pour se rattacher à la sainte famille des Hachémites, du Hidjaz. L’esprit va vite mais la raison peine à suivre !

Beaucoup de berbères d’Algérie portent des noms commençant par Ben, Bou, Oueld, mais ils ne sont pas pour autant d’origine arabe. Par ailleurs, depuis 14 siècles, beaucoup de berbères se ont arabisés au point de rompre tout lien avec leur berbérité. Les quelques arabes qui on conquit l’Algérie, au 8éme siècle, se sont mariés avec des femmes autochtones, berbères, leurs enfants parlent la langue de leur mère. Ils n’ont gardé aucun lien avec l’arabité. Pour toutes ces raisons, tout comme pour savoir qui est arabe et qui ne l’est pas, il manque des preuves pour dire, avec certitudes, qui est berbère et qui ne l’est pas. Néanmoins, dire que l’Algérie est arabe nous semble relever de fantasme.

La Kabylie est une région géographique d’Algérie. Elle englobe, en gros, quelque sept départements : (Tizi-Ouzou, Bejaia, Bouira, sont les principaux.  Est kabyles celui qui est natif de cette région, même s’il ne parle pas son dialecte. On peut être gascon, basque, alsacien, Ch’timi, sans forcément parler le dialecte de son lieu de naissance. Ne peut-on pas être Kabyle tout en étant sourd et muet ?

En revanche, Saint Augustin, natif da Tagaste (Soug Ahras) et Tertullien, natif de Carthage (Tunisie), même si leurs origines berbères étaient probables, ils ne sont pas kabyles. L’amalgame selon lequel les berbères sont kabyles doit être abandonné. Un berbère n’est pas forcément kabyle.

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus