D’innombrables livres ont déjà été écrits sur la guerre d'Algérie par de hauts responsables des services de renseignement français, occidentaux et israéliens. En termes à peine voilés, tous ont révélés qu, ils n’étaient pas restés les bras croisés mais ils avaient bel et bien infiltrés, instrumentalisé, manipulé, façonné à leur manière les rangs des nationalistes algériens.
En 1975, Roger Wybot, fondateur et patron de
la DST (Direction de
la Surveillance du Territoire) de 1945 à 1958, pendant 14 années, a déjà fait des révélations difficilement contestables :
« …Nos méthodes héritées de la résistance (infiltration d’agents doubles dans les réseaux adverses, manipulation de chef de wilayas) se révèleront suprêmement efficaces. Avec notre accord et la complicité de l’armée française, nos agents FLN montent des opérations bidon, de manière à se couvrir de gloire aux yeux de l’état-major du Caire et de Tunis. Chaque fois, nous organisons tout nous-mêmes pour rendre le coup de main rebelle totalement crédible…
Au fur et à mesure, nous déblayons le terrain devant eux. Leurs camardes se font prendre et leurs chefs jouent également de malchance. Ce qui leur permet de grimper dans la hiérarchie clandestine. Certains de ces agents doubles vont atteindre les plus hauts échelons de la hiérarchie du FLN. Il nous est arrivé de manipuler des chefs et des chefs adjoint de wilayas1», martèle-t-il, en substance.
Le volet guerre psychologique des : « Evènements d’Algérie » vient de s’enrichir d’un nouveau livre : « Intox et coups fourrés pendant la guerre d’Algérie2», publié en 2008. Il s’agit en fait de plagiats, de pillage d’informations déjà publiées par : Claude Paillat : « dossiers secrets de la guerre d’Algérie», Erwan Bergot : « Dossiers rouges, services secrets contre le FLN », Henri Jacquin : « guerre secrète en Algérie » Godard : « Les paras dans la ville», Léger : « Au Carrefour d’une guerre » Eric Huitric : « Le 11é Choc », Henri Mabire : « Histoire militaire de
Aussi, depuis quelques mois, de curieuses rumeurs selon lesquels le despote algérien Houari Boumediene serait mort par empoisonnement, sans dire qui l’a empoisonné ni dans quel but. Cette rumeur a d’abord été lancée par Taleb Ibrahimi, l’un des plus parfaits produits de la junte militaire algérienne et reprise par Hamed al Djabouri, un proche de Saddam Hossein. Pourquoi n’ont-ils pas révélé les noms des empoisonneurs ? Et, à qui profite le crime?
Si l’implication de certains fils de caïds et de bachagas dans la haute trahison de la révolution algérienne ne devrait faire aucun doute auprès d'homme et des femme normalement constitué, néanmoins elles sont fort lacunaires car ils ne révèlent aucun nom des éléments félons infiltrés dans les rangs de nationalistes algériens. Aussi, leurs révélations sont-elles incomplètes car elles doivent être recoupées avec les témoignages des incontournables Fethi Dib, le patron des Moukhabarates égyptiennes et d’Ahmed Toufiq al Madani, représentant du FLN au Caire à l’époque des faits, respectivement auteur de : « Djamel abd al Nasser et la révolution algérienne et : « Hiyat Kiffah ».
Les acteurs français de la guerre d’Algérie ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Pour tenter de donner une légitimité à leurs innombrables crimes, leurs témoignages ressemblent à des autoglorifications, à des brouillages de pistes qui conduisent à leurs charniers et à protéger leurs honorables correspondants infiltrés dans les rangs adverses. Logiquement, ces criminels n’ont laissé ni archives ni documents objectivement exploitables par chercheurs et des historiens.
Rappelons qu en 1954,
Mohamed Bougharouba, alias Houari Boumediene, la bête noire de la délégation extérieure du MTLD et du FLN, a été recruté, en 1954, en Egypte. A la même époque, contrairement à la version officielle défendue par les tenants illégitime du pouvoir algérien et par leurs relais médiatiques, Dinah, la femme, n’était plus ni princesse d’Egypte ni reine de Jordanie. La monarchie égyptienne avait été renversée en 1952, son auguste petit roi de Jordanie l’avait répudiée. En 1954, son yacht, Dianh, qui a transféré Mohamed Boukharouba, alias Houari Boumediene et 6 autres algériens d’Alexandrie (Egypte) à Nador (Maroc espagnol) était hors d’état de naviguer. Il était abandonné, depuis plusieurs années, dans un coin perdu de Port Saïd. C’est les services du Mossad israéliens, le MI6 britanniques et le SDECE français qui ont manipulé et orienté les services de Fethi Dib vers l’ancien yacht royal. Il avait fallu pas moins d’un mois de travaux acharnés et fort coûteux pour le renflouer et lui faire prendre la mer. Aussi, ces mêmes services ont-ils recruté les membres d’équipage de l'odyssée Dianh : Ibrahim al Nial et Milan Bachich, deux agents notoires des services occidentaux. Pourquoi Mohamed Boukharouba et ses 6 compagnons ne seraient-ils pas aussi des recrues du SDECE ?
Houari Boumediene a tué plus de vaillants combattants nationalistes algériens que 12 généraux de la trempe d’Aussaresses. Aussi bien au Maroc qu’en Tunisie, il était devenu le point de ralliement des enfants de bachagas et de caïds qui, conformément aux ordres de leurs hiérarchie coloniale, ont rejoint les rangs des nationalistes algériens pour les détruire de l’intérieur.
Par exemple, les principaux obstacles à la marche forcée de Boumediene vers le pouvoir absolu, ont été directement exécutés par lui-même ou contraint de s’exposer à l’armée coloniale qui les a massacrés.
Un authentique nationaliste ne s’entoure pas de : nouveaux converis, de fils de caïd et de bachagas. Il n’extermine pas ses compagnons qui pouvaient lui faire de l’ombre.
Houari Boumediene était un parfait agent du colonialisme et du néocolonialisme africain doublé de l’un des plus féroces dictateurs aveugles du 20éme siècle. Morts ou vifs les salauds restent des salauds, telle est notre devise.
1) Dans un ouvrage publié en 1975 par Philippe Bernert : « Roger Wybot et
2) André-Roger Voisin, Intox et coups fourrés pendant la guerre d’Algérie, Cheminement, 2008.
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