En avril 1959, dès les premières lueurs du jour, pour surprendre les animaux dans leur étable et les volailles sur leurs perchoirs, une section de l’armée coloniale française pénétrait, par effraction, dans notre humble demeure. Après l'avoir spolié son misérable contenu, dévastée et incendiée, ma mère et moi-même, alors âgés, respectivement, de 47 et 13 ans, avions été pris en otage par les intrus nocturnes basés au Bois Sacré, dans une résidence d’Eté du gouverneur général d’Algérie où nous y avons été séquestrés et soumis, quotidiennement, pendant huit mois, à la torture d’une extrême cruauté. Lorsque nous n’étions pas soumis à la question musclée, nous étions jetés dans l’obscurité, au fond d’un gouffre dont les parois latérales suintaient et le fond étroit était constamment recouvert d’eau saline. Notre inique captivité avait durée huit interminables mois. Sans être jugés ni même présentés à un magistrat. A notre libération, notre état sanitaire, physique et mental, était si dégradés que nous étions méconnaissables à nos proches qui nous fuaient. Par crainte de la répression de nos geôliers, mes oncles, tantes et autres membres de notre tribu, ont refusé de nous donner asile. Ma mère est décédée des suites de sévices qui lui ont été infligés pendant sa séquestration, de dénuement, de manque de soins et de chagrin. J’ai survécu par miracle. Je crois avoir une modeste connaissance des angoisses des captifs. Qu’il me soit permis, non pas de juger mais de commenter l’heureuse libération des otages des FARC. Pour ne pas faire de discrimination, j’éviterai de citer leur nom. Faire de l’un ou de l’une d’eux une vedette et passer sous silence les 14 autres, ne me semble pas équitable
Aussi, suis-je attentif à tout acte d’injustice et sensible, sans distinction : sexiste, ethnique, politique, religieuse, géographique… des victimes auxquelles je déclare ma totale solidarité. La prise d’otages est l’arme des faibles, indigne des groupes politiques ou criminels qui l’utilisent. Elle abjecte quand elle est employée par des Etats puissants tels que les Etats-Unis en Iraq, en Afghanistan et à Guantanamo et par Israël en Palestine.
Actuellement et depuis 60 ans, tout un pays est arbitrairement confisqué et son peuple pris en otage. Il s’agit d’un pays biblique, évangélique et coranique. C’est un pays qui a vu naître les trois religions dites : « monothéistes ». Que mon insistance et mes pléonasmes me soient pardonnés, il s’agit du pays de Jésus Christ, des apôtres, de
la Palestine et de son peuple qui endurent un enfer imposé par un autre peuple dit : « élu de Yahvé ».
Par ailleurs, sans cesse, je m’interroge sur les honnêtes et courageux femmes et hommes français dits : « justes » qui, aux risques et périls de leur vie, ont sauvé de la mort des enfants juifs durant le second conflit mondiale. Les sauvés de la barbarie du 3éme Reich d’hier sont eux-mêmes devenus, aujourd’hui, des sionistes, une autre forme du nazisme, pour les enfants palestiniens. Il vaut mieux que leurs sauveurs ne sachent pas que ceux qui leur doivent la vie ordonnent ou cautionnent des lancements de missiles téléguidés dans des cours des écoles à l’heure de la récréations. Les sauvés d’hier disposent aujourd’hui de moyens meurtriers et dévastateurs disproportionnés à ceux des nazis d’autrefois. Ceux-ci dit au cas où Dieu aurait besoin de témoins pour reconnaître les siens.
Il existe des sources quasi irréfutables selon lesquelles il y a plusieurs dizaines de millions de personnes arbitrairement privées de leur liberté, ravies à leur proches, prises en otages, soumises à la tortures, aux exécutions sommaires…, par des régimes portés et maintenus au pouvoir, contre la volonté de leurs peuples, par : Paris, Londres et Washington, entre autres pays dits : « Civilisés ». Pourquoi les chefs d’Etats de ces régimes de la honte, fascisants, ne sont-ils pas inscrits sur la liste moralisatrice de l’ONU comme étant des terroristes, à l’instar de Nelson Mandela, le plus ancien otage de l’apartheid, l’un des plus méritant prix Nobel de la paix et de son parti l’ANC (congrès national africain), au pouvoir en Afrique du Sud ?
J’ai été très sensible au sort des otages des FARC, sans distinction de sexe ou de nationalité. Combien ai-je prié pour leur salut. A la nouvelle de leur délivrance, combien ma joie était grande. Mais aussi combien ai-je été choqué par la démesure de son exploitation politique et par son matraquage médiatique.
Aussi, la version officielle selon laquelle cette libération était due à la seule prouesse d’une armée mexicaine, pardon, colombienne, me semble hautement suspecte. L’intervention directe : du Mossad israélien, de
la CIA américaine et de DGSE française, du MI6 anglais entre autres, ne laisse aucun doute dans mon esprit. Aussi, il semblerait que cette libération soit le résultat de négociations secrètes, d’accords politiques et au versement ou à la promesse de versement une rançon aux ravisseurs.
Si cette dernière hypothèse venait à être confirmée, le manquement des négociateurs à leurs engagements ne risqueraient-ils pas d’exposer les otages restants entre les mains des FARC à des représailles inutiles ?
Pendant que le traité de Lisbonne déraille, le pouvoir d’achat des français dégringole et les prix grimpent…, politiciens et médias nous foutent plein les yeux et nous rebattent les oreilles avec une affaire certes émouvantes mais pas forcément dramatique, eu égard aux trois milliards d’humains, soit un enfant sur deux, qui disposent de moins de deux dollars par jour pour : se nourrir, s’abreuver, se loger, se vêtir, se soigner, s’instruire. La priorité du combat contre le terrorisme, à mon humble avis, doit commencer par déclarer une guerre tous azimuts contre les régimes totalitaires imposés par Paris, Londres et Washington, les injustices, les lois des plus puissants, les inégalités sociales, et la famine imposés aux peuples du Tiers et du Quart Monde par des régimes autoritaires aux ordres et à la solde des trois puissances citées plus haut.
Le pétrole qui monte, la bourse qui baisse, les mariages homosexuels, la chirurgie esthétique, les propagandes des journaux de 20 heures… ceux qui disposent de moins de deux dollars par jour s’en foutent. Néanmoins ils sont dans leur droit d’exiger leur galette, leur bol de riz et leur litre d’eau potable quotidiens. Contrairement aux chiens qui deviennent dociles à leur maître quand ils sont affamés, les hommes privés de leurs droits à la vie, de leur minimum vital, se révoltent et deviennent des terroristes. Aussi ai-je une modeste connaissance de la misère matérielle. Qu’il me soit permis d’en disserter, avec pudeur, en lieu et place des affamés, des sans voix. Cela dit, je ne tiens aucune rigueur à ceux qui ont un avis contraire au mien.
Quant à la vérité sur les dessous de la libération des otages des FARC, je crois à la force et aux vertus de la démocratie. L’homme étant curieux par nature, Madame Ingrid Betancourt, par exemple, est une femme politique, elle ne manquera pas de rivaux qui la passeront au scanner de la critique. La vérité finira par éclater au grand jour, à la figure des politiciens et des médias qui assurent leur carrière et leur fortune en manipulant leurs opinions publiques.
Toujours est-il que les otages des FARC, après plus de six années de captivité pour certains d’entre eux, ils ont été libérés, sauf avis contraire des spécialistes, en pleine possession de leurs facultés physiques et intellectuelles.
Les algériens pris en otage par l’armée française pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), les iraqiens et afghans, otages des américains et de leurs innombrables nations alliées, répartis sur cinq continents, avant leur libération, si toutefois ils sont libérés, leur état de santé étant tellement dégradé que plusieurs mois de soins intensifs ne suffiront pas à leur rendre l’usage de leurs : jambes, bras et langue.
Par ailleurs, les bourreaux des algériens, des iraqiens, des afghans, des palestiniens (français, américains, israéliens) bénéficient d’une totale impunité voire de la légion d’honneur. Cependant, les FARC, leurs crimes sont imprescriptibles. Ils sont passibles d’une cour de justice internationale pour crime de guerre et crime contre l’humanité.
Le bon état physique et intellectuel des otages des FARC, n’autorise-t-il pas leurs semblables victimes des nations citées plus haut à comparer les camps des rebelles colombiens à des Club-Med, à des centres de vacances cinq étoiles ?
La classe politique française, pour remonter dans les sondages et faire oublier ses intenables promesses électorales : croissance économique, augmentation du pouvoir d’achat, droit opposable au logement, le plein emploi, la baisse des prix… et les médias, pour vendre leurs papiers ou racoler des clients pour leurs sites électroniques, ont exagéré le malheurs des libérés. Affaire à suivre.
publié par nour.h dans: nour.h